Licenciements chez PSA : des choix inacceptables

Version imprimableVersion PDF
Argumentaire de la CGT PSA Aulnay
14/07/2012

La direction de PSA a annoncé au CCE du 12 juillet 8300 suppressions d’emplois :

Arrêt de la production de voitures à Aulnay en 2014 soit 3300 emplois directs concernés, et d’après les élus locaux, environ 10 000 avec les sous-traitants.
Suppression de 1400 emplois sur le site de Rennes.
Suppression de 3600 emplois dans les autres usines et établissements. 
 

Inacceptable !

Il y a un an, la CGT du groupe avait dénoncé le plan secret de la direction, datant de 2010,  prévoyant la fermeture d'Aulnay. Mais depuis, le PDG Varin et toute la direction mentent en affirmant que cela n'est pas d'actualité et qu'ils n'ont pas de visibilité après 2014. 
Et aujourd'hui, ils continuent à mentir en racontant que cette fermeture est liée aux ventes en baisse du premier semestre 2012. En réalité, cela fait des années que PSA prévoit cette fermeture. Une chaîne de montage sur deux avait été arrêtée en 2008. Puis l'équipe de nuit avait cessé de fonctionner en octobre 2010. 

 

La direction de PSA affirme que ses ventes baissent.

Il y a 15 ans, PSA vendait 2 millions de voitures. Aujourd’hui, c’est 3,6 millions. 2010 a été le record des ventes PSA. Et si le record a été raté de peu (- 45 000 voitures)  en 2011, PSA l’avoue : c’est à cause du tsunami japonais ! Où est l’écroulement du marché ?
Cette année, suite à l'alliance avec la GM, PSA a décidé de suivre l'embargo sur l'Iran. Or avec 457 000 véhicules vendus en 2011, le marché iranien est pour PSA le 2ème marché juste derrière le marché Français.Le calcul est simple : si PSA avait maintenu ses ventes en Iran, il n'aurait pas pu faire croire à une chute des ventes. 
 
 

Il y aurait trop d’usines PSA en France ? 

De 2007 à 2012, La production moyenne totale des 5 usines de montage en France a été de 1 234 000 voitures par an. En 2011, il y a eu 1 242 710 voitures montées dans ces 5 usines en France, plus que la moyenne. Il n’y a donc pas de « surcapacités ». Par contre, la direction augmente la production des usines de Poissy, Sochaux et Mulhouse au détriment de celle d’Aulnay et de Rennes. Il suffit donc d’alléger Poissy, Mulhouse et Sochaux pour fournir du travail à Aulnay et à Rennes. 
 

Oui mais si les voitures ne se vendent pas ? 

Aulnay fabrique la C3, la voiture la plus vendue du groupe ! De l’aveu même de Denis MARTIN, il reste 450 000 C3 à fabriquer, de quoi donner du travail au site jusque fin 2016, avant de remplacer la C3 par un autre véhicule. 
 

Alors, pourquoi PSA veut fermer Aulnay ? 

Les dirigeants veulent fabriquer le même nombre de voitures sur 4 usines au lieu de 5 en surchargeant Poissy et Mulhouse. Par exemple, cette année, Sochaux a récupéré la 308 pour décharger Mulhouse qui a monté en régime la 208… pour soulager Poissy qui, du coup, a les moyens de fabriquer plus de C3, au détriment d’Aulnay !
PSA veut faire la même production avec plusieurs milliers de paies en moins !
 

PSA dit perdre de l'argent 

PSA a cumulé 10 milliards de bénéfices depuis 10 ans. Il y a un an, le PDG annonçait 11 milliards d’euros de réserves financières. Où est passé cet argent ? 
Les actionnaires ont empoché 200 millions d’euros en 2011. PSA a racheté en 2011 pour 257 millions d’actions Peugeot. Rien qu’avec cet argent, il y avait de quoi payer les salaires d’Aulnay pendant 4 ans ! Et quand on voit les salaires que se sont octroyés les dirigeants l’an dernier, on se dit que ce ne sont pas eux qui sont à plaindre. (9000 € par jour pour le PDG). Ce n’est pas aux salariés de payer la note. 
 

Que peut faire le gouvernement ? PSA est un Groupe privé !

A chaque fois, on nous dit cela. Mais ça ne marche que dans un sens ! Les constructeurs automobile depuis des années ont touché des milliards de l’Etat, des milliards d’argent public, en « aides », en subventions, en dégrèvement d’impôts, etc. L'Etat peut intervenir quand il s’agit de donner de l’argent aux patrons privés, mais quand il s’agit d’empêcher les mêmes patrons de licencier, ce ne serait plus possible ? 
PSA et l'Etat ont passé une convention : le chômage partiel est payé en partie avec l'argent des contribuables et PSA s'était engagé à ne supprimer aucun emploi pour une durée double de la convention. PSA ne respecte pas sa parole et l'Etat ne pourrait rien faire ? 
 

PSA promet qu'il n'y aura aucun licenciement 

Encore un mensonge de la direction. Les reclassements, c’est la tarte à la crème. Aujourd’hui, on ne parle plus de licenciements mais de départs en « congé de reclassement » Ça change quoi ? On fait croire aux gens qu’ils vont retrouver du travail. Une minorité en retrouve, le plus souvent à des salaires très bas. Et les autres restent au chômage ou en intérim. 
Quand on connait la situation de la Seine St Denis, département sinistré du point de vue de l’emploi, on voit le peu de crédit qu’il faut accorder à ces promesses de reclassement.
 
C’est une déclaration de guerre contre les salariés sur le terrain de l'emploi et des conditions de travail. Nous sommes devant un plan de fermeture d’usine et de licenciements économiques. Un combat s’engage pour défendre les emplois à Aulnay, à Rennes et dans tout le groupe car c’est tout l’avenir des emplois industriels dans nos régions qui est en question.

La CGT et les salariés de PSA Aulnay ne se laisseront pas voler leur emploi sans rien faire. 

Samedi 14 juillet 2012