Lettre d’information n° 18 de la CGT PSA Aulnay

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Reclassements à Aulnay : on est loin du compte

Depuis la fin de la grève, le 17 mai dernier, l’usine s’est vidée d’une bonne partie de ses salariés. Nous sommes encore 1500, peut-être déjà moins. La direction a annoncé la fin de la production fin octobre, mais la direction n’a a en fait jamais vraiment tenté de la faire redémarrer, depuis le début de la grève le 16 janvier dernier, en raison de la solidarité entre grévistes et non-grévistes.
571 travailleurs ont maintenant été mutés vers d’autres usines du groupe et 600 ont choisi le licenciement pour trouver un emploi par eux-mêmes. Par ailleurs, les reclassements promis par PSA s’avèrent illusoires : sur les 300 postes « réservés » à la SNCF, à la RATP et à ADP, seuls 20 salariés de PSA ont été acceptés. La seule entreprise qui prévoit de s’installer sur le site d’Aulnay, ID Logistics, propose des salaires de 1200 euros et refuse les salariés de plus de 50 ans ; seuls 18 salariés ont postulé et aucun n’a été pris. D’autre part, 500 des travailleurs encore présents dans l’usine attendent que PSA leur fasse des propositions sérieuses¸ considérant que cela incombe à la direction. 
Pendant ce temps-là, les attaques continuent…
 

Accord de « compétitivité » : la mobilité forcée pour les salariés

Non contente de supprimer 11 200 emplois et de fermer l’usine d’Aulnay, la direction poursuit son offensive. Dans le cadre de l’accord dit de « compétitivité » qu’elle veut obtenir, elle a ainsi expliqué vouloir imposer la mobilité forcée entre sites, au sein d’un même pôle régional (région parisienne, Lorraine, Est…). Ainsi, un ouvrier de Saint-Ouen (Seine-Saint Denis) pourrait être muté d’autorité à Poissy (Yvelines). Un ouvrier de Rennes pourrait même être « prêté » à Mulhouse, à 800 km ; un salarié qui, après un mois de réflexion, refuserait une telle proposition, pourrait faire l’objet d’un licenciement économique individuel. 
 

Le chômage partiel moins bien indemnisé

Alors que plusieurs sites connaissent de nombreuses journées de chômage partiel, la direction a également annoncé la réduction de son indemnisation, qui passe de 75% à 70% du salaire brut (soit 84% du salaire net), à partir du 1er septembre. Cette baisse est rendue possible par la loi sur l’emploi votée au printemps dernier, et la direction peut remercier le gouvernement. Cette baisse est d’autant plus scandaleuse que les aides versées par l’UNEDIC et l’Etat sont inchangées. 
Enfin, la direction a précisé ses intentions pour ce qui est des salaires (voir ci-dessous).
 

Un nouveau plan de guerre contre tous les salariés de PSA

Lors d’une nouvelle réunion autour de son plan dit de « compétitivité », la direction a énuméré ses exigences sur le plan des salaires. Il s’agit d’une série de coupes directes dans les revenus des salariés :
- Comme en 2013, le salaire de base serait gelé en 2014, voire 2015 et 2016.
- La prime pour les salariés ayant plus de 20 ans d’ancienneté dans l’entreprise (PEG) est supprimée, soit 50 à 200 euros par mois.
- Samedis supplémentaires travaillés : ils ne seraient plus payés à la fin de chaque mois mais à la fin de l’année, à condition que le solde horaire annuel soit positif ; et la majoration passerait de 45% à 25%.
- La prime de nuit passerait de 18 à 15% de majoration, soit une perte mensuelle de 54 euros pour un salaire de 1800 euros brut. Le dispositif d’Assurance contre les Aléas de Carrière (ACAC) qui permet, lors d’un changement de poste ou d’horaire, de rendre dégressive la perte de rémunération, serait réduit. Perte : parfois plusieurs centaines d’euros par mois. 
- La prime de rentrée (187 euros / an) serait supprimée. 
 
PSA voudrait ainsi gagner 100 millions d’euros par an, soit au moins 1000 euros par salarié et par an. Rappelons que lors de l’assemblée des actionnaires en avril 2013, PSA a annoncé le rachat annulation d’actions pour 340 millions d’euros, en guise de cadeau. 
Alors, pour les salariés, il est hors de question d’accepter un tel hold-up ! 
 

La riposte se prépare

Les syndicats CGT de toutes les usines PSA se sont réunis et ont décidé d’organiser la riposte au niveau du groupe. Ils se sont saisis de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, mardi 10 septembre, pour manifester, dans plusieurs villes, contre la réforme du gouvernement Hollande-Ayrault, mais aussi contre l’offensive de la direction de PSA. 
Cette riposte au niveau du groupe sera indispensable, si nous voulons protéger notre seule richesse : nos salaires et nos emplois !