Lettre d'information n°3

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LA DIRECTION LOCK-OUT L’USINE

Nous sommes en grève depuis le mercredi 16 janvier. La direction n’a pas été longue à réagir.

Lundi 21 au matin, des flics et des nervis de la direction étaient devant l’usine dès 6 h du matin pour empêcher les grévistes d’entrer dans l’usine.

En fermant l’usine et en interdisant l’accès aux grévistes, la direction espérait sans doute nous empêcher de nous réunir et nous organiser.

Raté ! Malgré les intempéries, nous étions plus de 200 à nous réunir à l’Union locale d’Aulnay.

LA GREVE S’ORGANISE

Dès le deuxième jour de la grève, les grévistes ont élu en Assemblée Générale un Comité de Grève d’une quarantaine de membre.

Le Comité a mis en place plusieurs commissions chargées d’organiser le service d’ordre, la carte de grève, les relations avec les autres entreprises, les tracts, le financement de la grève… et bien sûr les actions !

PSA espérait fermer Aulnay sans faire de vague. Et bien faisons tout pour que notre grève fasse le plus de bruit possible.

ACTION A SAINT-OUEN

Depuis des mois PSA craignait que les ouvriers d’Aulnay viennent faire une visite à Saint-Ouen. Ils avaient tout prévu : portes cadenassées, encadrement briefé et organisé.

Eh bien malgré tout cela, nous avons trouvé le moyen d’entrer quand même et de discuter avec les ouvriers.

Mais le mieux, c’était la sortie. Par la grande porte, en scandant « interdiction des licenciements, aucune usine ne doit fermer ! »

Ça donne envie de recommencer !

UN TEMOIGNAGE DE SOLIDARITE

La direction de Peugeot Sochaux a proposé à des ouvriers du Ferrage d’aller à Aulnay pour remplacer les grévistes.

Même en proposant de doubler leur salaire et 10 % de prime elle n’a trouvé… personne !

MANIFESTATION A BOBIGNY

Jeudi 17, nous étions une bonne centaine à aller à la marche pour l’emploi organisée par les syndicats du 93. Nous avons reçu beaucoup d’encouragements et de témoignages de solidarité de la part des travailleurs d’autres usines. Nous avons récolté quelques centaines d’euros pour alimenter notre caisse de grève.

Malgré le froid glacial, ça faisait chaud au cœur.

SILENCE RADIO

Le 12 juillet dernier, lorsque PSA s’est enfin décidée à annoncer la fermeture d’Aulnay, les radios et les télés se battaient pour nous demander ce que ça faisait de perdre son boulot ! Comme si c’était déjà joué !

Maintenant que nous nous battons, ça les intéresse beaucoup moins de nous passer au journal de 20h.

Qu’elle soit publique ou privée, la presse est service du patronat !

PEUGEOT SE PREND UNE PORTE

Une agence de pub bossant pour PSA a proposé 340 000 € à l’humoriste Didier Porte pour être la voix de la prochaine campagne du pub de Peugeot.

Porte a refusé, affirmant qu’il est indécent de toucher une telle somme de la part d’un groupe qui s’apprête à supprimer 8000 emplois et à fermer Aulnay.

L’argent n’achète pas tout. Sans doute une découverte  pour Peugeot !

SOLIDARITE FINANCIERE

Vous pouvez soutenir la grève en envoyant vos dons par chèque libellé à l’ordre de Soutien aux salariés de l’automobile du 93 et envoyé à Soutien aux salariés de l’automobile du 93,  19-21 rue Jacques Duclos, 93600 Aulnay ou en faisant directement un virement sur le site cgt-psa-aulnay.fr.

LE COMBAT CONTRE LA FERMETURE

Depuis maintenant presque deux ans plusieurs centaines de travailleurs se battent pour dire « non à la fermeture d’Aulnay ». Ce combat a commencé en juin 2011, aussitôt après la révélation par des militants syndicaux de l’usine d’une note confidentielle annonçant l’intention de PSA de fermer Aulnay.

PSA a menti pendant un an. Sarkozy était au courant, il n’a rien fait. Hollande a promis pendant sa campagne de faire d’Aulnay une de ses priorités. Il n’a rien fait non plus. Par contre le gouvernement s’est porté garant à hauteur de 7 milliards au cas où PSA finance serait incapable de rembourser ses créanciers !

Dans le combat contre les fermetures d’usine et les licenciements, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Tous ensemble, nous avons la force pour cela. Et notre grève aidera à propager cette idée

NOS REVENDICATIONS

Empêcher la fermeture d’Aulnay ne dépend pas que de la lutte des seuls travailleurs d’Aulnay. Par contre nous pouvons empêcher Peugeot de tous nous virer sans rien ou presque.

Il y a quelques mois déjà, des ouvriers du Ferrage avaient dressé un cahier de revendications pour que chaque salarié de l’usine ait des garanties que son avenir, y compris les 400 intérimaires et les 400 travailleurs des entreprises sous-traitantes présentes sur le site.

Cette pétition a été signée par près de 1600 personnes, soit la majorité des travailleurs de l’usine.

Rappelons les principales :

·    Maintien de la C3 jusqu’à la fin de sa commercialisation (2016).

·    Une préretraite à 55 ans pour tous les travailleurs âgés de 50 ans ou plus

·    Un CDI pour tous les autres

·      Une indemnité de licenciement de 130 000 €

130 000 €,  UN MINIMUM !

A ceux qui pensent que 130 000 € serait excessif, un ouvrier a dit en AG une chose très juste. Dans son PSE, Peugeot propose, dans certains cas, plus d’argent pour ceux qui iraient à Poissy que pour ceux qui seraient licenciés. Or, celui qui est licencié doit toucher plus, pas moins. Car, sans les primes d’ancienneté, il a peu de chance de trouver un emploi avec un salaire équivalent.

Le PSE de la direction est bizarre. Surtout en ce qui concerne les mutations. Pour beaucoup, il n’y a rien ou presque. Mais pour un couple avec 4 enfants habitant à plus de 50 km de Poissy, ça peut monter jusqu’à 55 000 €. Cette somme est un minimum qui doit être versée à tous ! Sans aucune condition de déménagement ou de lieu !

Quant aux 130 000 €, c’est ce qu’il nous faut pour compenser en partie la perte de notre salaire et notre emploi.

LE GOUVERNEMENT AVEC PSA

Les patrons ont le droit de jeter des milliers de travailleurs à la rue et aucune loi n’est encore envisagée pour empêcher cela !

C’est contre les travailleurs qui se battent pour leur emploi que ce gouvernement, qui se prétend « socialiste », envoie ses CRS. Ceux-ci sont présents partout où nous allons. En septembre au salon de l’auto, jeudi devant la préfecture de Bobigny, vendredi à Saint-Ouen, samedi à Poissy (où ils ont fait le pied de grue pour rien, et de plus dans la neige.) et hier à Aulnay.

« Le changement c’est maintenant », disait Hollande pendant sa campagne. Eh bien non, le changement, c’est quand les ouvriers entrent en bagarre !

LA DIRECTION REVISE SON PSE

La grève a déjà eu un effet positif. Lors de la réunion du 17 janvier, la direction a proposé quelques aménagements à son PSE. Parmi ceux-ci :

·    Ceux qui habitent à 35 km toucheraient la moitié de la prime de mobilité, soit entre 5488 € et 13 875 €. Mais toujours à condition de déménager.

·    3 mois d’indemnité de licenciement en plus (mais uniquement pour ceux qui auraient 10 ans d’ancienneté !)

·    5 mois de congés de reclassement en plus pour les départs contraints, dont 3 mois payés à 100 % au lieu d’un seul.

C’est encore très loin de nos revendications, mais c’est bien plus que ce que PSA a lâché en 6 mois de blabla. Comme quoi, la grève, ça aide les patrons à réfléchir dans le bon sens !

 

Les salariés de PSA Aulnay en grève soutenus par la CGT, la CFDT et SUD