colère et mobilisation chez PSA

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Colère et mobilisation chez PSA

 

 

Malgré l’amplification de la mobilisation des ouvriers de PSA – 2 000 salariés auraient débrayé hier à l’appel de la CGT –, la direction ne lâche rien sur son projet d’accord de compétitivité qui multiplie les reculs sociaux.

Du jamais-vu. De l’avis de la CGT, c’était la première fois, hier, que les appels au débrayage étaient suivis dans la quasi-totalité des sites de production PSA. « Même Vesoul, qui n’avait pas bougé en 1968, était à l’arrêt ! » précise Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central adjoint CGT. D’après le syndicat, qui appelait à la grève dans tous les sites, 2 000 salariés du groupe automobile – contre 1 300 la semaine précédente – auraient participé au mouvement hier pour tenter de faire reculer la direction alors que se tenait une nouvelle réunion sur le projet d’accord de compétitivité. Par ailleurs, une centaine de salariés et d’ex-salariés de l’usine d’Aulnay-sous-Bois en passe d’être fermée s’étaient rassemblés, hier matin, devant le siège pour réclamer le respect des engagements de la direction sur les reclassements.

Malgré l’amplification de la mobilisation, les dirigeants n’ont rien lâché sur l’essentiel des mesures prévues – gel des salaires pour au moins les trois prochaines années, mobilités forcées, baisse de l’indemnisation des jours chômés et diminution de la majoration pour les samedis travaillés. Pire, le constructeur entend maintenant s’attaquer aux RTT des employés, techniciens et agents de maîtrise. « Sur les onze jours de RTT des salariés en horaire de journée, la direction veut en utiliser six à sa guise, pour la journée de solidarité, d’éventuels ponts, et pour mettre ces salariés en congés forcés lors des journées non travaillées en production », explique la CGT.

À Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, plus de la moitié des ouvriers de l’équipe du matin étaient en grève. « La direction essaie de nous menacer – l’exemple de la fermeture d’Aulnay est très proche pour nous – mais ça ne marche pas », constate Jean-Claude Garaut, délégué CGT dans l’usine. « Les salariés comprennent de mieux en mieux qu’on a affaire à des menteurs. Pendant un an et demi, la direction a dit que la fermeture d’Aulnay n’était pas d’actualité, alors maintenant qu’ils nous font des promesses en demandant en face des sacrifices, il y a un gros doute ! » résume le dirigeant syndical. « S’ils pouvaient nous mettre à Pôle emploi sans indemnité, ils le feraient ! » s’emporte Christophe, ouvrier au magasin et délégué du personnel CGT, devant les portes de l’usine. À ses côtés, Thibault, syndiqué CGT fraîchement reclassé de l’usine d’Aulnay, se dit prêt à mener cette nouvelle bataille. « Dès qu’on a vu l’accord de compétitivité mis en place à Sevelnord, puis celui de Renault, on a su que ça allait arriver chez nous », souligne-t-il, craignant que ce genre de plan de régression sociale ne se généralise.

Loan Nguyen

Source: 
Date de publication: 
19/09/2013