Débrayage surprise à l’usine PSA d’Aulnay

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Le travail s’est interrompu hier matin à l’usine PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois. A l’appel de plusieurs syndicats (CGT, SIA, CFDT, SUD), une partie des ouvriers de l’équipe du matin a débrayé durant une heure et demie, entre 10h30 et midi. Les grévistes étaient aux alentours de 300, à quelques dizaines près — la CGT estime qu’ils étaient 350 environ, tandis que la direction n’en comptabilise que 275. A l’origine de ce mouvement, les inquiétudes suscitées par les suppressions de postes annoncées à Aulnay pour l’année 2012. La direction du groupe automobile l’avait déjà indiqué fin 2011, lors d’un comité central à Paris. Dans le cadre de réductions d’effectifs au plan national et européen (PSA va supprimer 6000 postes), l’usine d’Aulnay doit perdre 196 postes durant l’année à venir. Chômage technique annoncé Hier, la question a de nouveau été abordée dans le détail, cette fois lors d’un comité d’entreprise à Aulnay. Il a notamment été question des « métiers sensibles », ces métiers jugés en sureffectifs au sein de l’usine, et dont l’éventail touche aussi bien les ouvriers, les techniciens que les cadres. La direction estime qu’il s’agit de résorber un surplus de main-d’œuvre lié à la suppression d’une ligne de montage en 2008. Plusieurs jours de chômage technique ont aussi été annoncés. Les ateliers resteront silencieux le vendredi 27 janvier, ainsi que la dernière semaine allant du 27 février au 4 mars prochain. La CGT prédit une nouvelle « augmentation de la charge de travail pour ceux qui restent » : « En novembre 2010, 3419 personnes en CDI produisaient 684 C3 par jour. Aujourd’hui, seulement 3100 CDI en produisent 704 par jour! » Le syndicat soupçonne surtout PSA de préparer le passage à une seule équipe dès 2013, alors que la menace d’une fermeture du site plane depuis des mois. Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT, a d’ailleurs posé la question hier au directeur des ressources humaines de l’usine, qui aurait confirmé le maintien des deux équipes de production (matin et après-midi) pour l’année 2012, sans s’engager au-delà. En juin dernier, la CGT avait dévoilé une note confidentielle du groupe, qui envisageait la fermeture de l’usine aulnaysienne. Les protestations de la direction n’ont depuis pas réussi à rassurer grand monde. GWENAEL BOURDON Le Parisien

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Date de publication: 
21/01/2012