Des salariés d'Aulnay empêchent Montebourg d'inaugurer le Train de l'industrie

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Avec AFP

19/03/2013, 21 h 24 | Mis à jour le 19/03/2013, 21 h 44
 
 
 
Des employés PSA d'Aulnay
Des employés PSA d'Aulnay (AFP/PIERRE VERDY)

Une centaine de salariés de l'usine PSA d'Aulnay ont manifesté mercredi après-midi à la gare de Lyon, empêchant l'inauguration du Train Industrie par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

L'inauguration a viré au cauchemar pour Arnaud Montebourg. Alors que le ministre du redressement productif prévoyait d'inaugurer le Train Industrie et innovation ce mardi, gare de Lyon, une centaine de salariés de l'usine PSA d'Aulnay sont venus manifester leur colère dans l'après-midi, empêchant l'évènement. Arrivés avant la cérémonie prévue à 16 h 30, les manifestants ont exigé que le ministre vienne les rencontrer et s'exprimer publiquement sur le quai, ce que M. Montebourg a refusé de faire. Ce dernier n'est pas allé jusqu'au train à quai. Il s'est installé dans une salle de la gare mise à disposition par la SNCF, dans laquelle il a proposé de recevoir une délégation d'une quinzaine de grévistes. Faute d'accord et après plus de deux heures d'attente de part et d'autre, aucune rencontre ne s'est tenue et l'inauguration n'a pas eu lieu. 

Les manifestants, portant des badges CGT, mais aussi CFDT et Sud, entendaient demander la nomination d'un "médiateur" dans le conflit autour de la fermeture du site d'Aulnay. "Aucune usine ne doit fermer" et "interdiction des licenciements", ont-ils scandé, en brandissant une banderole "non à la fermeture de PSA Aulnay. "Ça fait 19 mois qu'on lutte et 10 semaines qu'on est en grève. On veut lui poser des questions", a déclaré Jean-Pierre Mercier, leader CGT de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois, à l'intention du ministre. "J'ai proposé à M. Mercier de le recevoir" et "tous les arguments ont été opposés pour ne pas me rencontrer", a déclaré de son côté le ministre devant la presse. Il s'est dit "prêt à le recevoir quand il le voudra à Bercy, il suffit de prendre un rendez-vous".

 

"On n'est pas morts et on a la tête haute"

Sur la question de la demande d'un médiateur, M. Montebourg a assuré que les cinq syndicats sur six qui ont approuvé le plan de restructuration "n'acceptent pas qu'un médiateur vienne reprendre le travail du dialogue social qui vient de s'achever". Il a indiqué que l'Etat avait déjà nommé "un facilitateur" pour faciliter les rapports entre les uns et les autres. "Je comprends leur désespoir car ils risquent de perdre leur travail et ils ont très peur de ne pas en retrouver", a-t-il dit. M. Montebourg a souligné que l'Etat avait pris "des engagements dans ce dossier très difficile" et notamment l'engagement "que personne ne se retrouve à Pôle Emploi". Mais cela "suppose que deux conditions soient réunies: que l'usine d'Aulnay continue de fonctionner le plus longtemps possible" et "que nous nous mettions tous à réindustrialiser le site" pour permettre aux ouvriers d'Aulnay de retrouver un travail, a-t-il expliqué.

Finalement après plus de deux heures, le ministre est reparti et un peu plus tard les grévistes d'Aulnay ont à leur tour quitté la Gare de Lyon. "On a fait la démonstration qu'on n'est pas morts et qu'on a la tête haute", a lancé Jean-Pierre Mercier avant de partir. Le ministre "n'ose même pas venir discuter avec une centaine de salariés qui est en grève pour défendre leur boulot", a-t-il dit. Les grévistes d'Aulnay ont prévu une distribution de tracts mercredi à la Gare du Nord, une date qui sera aussi celle de la première étape du Train de l'Industrie. Le "Train Industrie et innovation", qui promeut les possibilités de formation et d'emploi dans le secteur industriel, devait être inauguré par M. Montebourg dans le cadre de la Semaine de l'Industrie.

 
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Date de publication: 
20/03/2013