Des salariés de PSA Aulnay s'invitent au Conseil national du PS

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Le syndicaliste CGT de PSA Aulnay, Jean-Pierre Mercier à la tribune du Conseil national du PS, samedi 13 avril à Paris

Social-Eco - le 13 Avril 2013

Jean-Marc Ayrault et les dirigeants socialistes, réunis samedi à Paris pour un Conseil national du PS, ont été confrontés à une nouvelle illustration de la crise qu'affronte le gouvernement, avec l'irruption dans la réunion d'une cinquantaine de salariés en colère de l'usine PSA d'Aulnay, menacée de fermeture.

"On est venu ici pour vous demander qu'on obtienne une bonne fois pour toutes ce médiateur, qui puisse mettre le poids du pouvoir politique, du gouvernement dans la balance", a déclaré le représentant CGT de l'usine, Jean-Pierre Mercier qui s'est exprimé à la tribune, devant plusieurs ministres et le conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. Prenant à partie les ministres présents, comme Stéphane Le Foll, François Lamy ou Najat Vallaud-Belkacem, le représentant CGT leur a lancé: "vous avez vos menteurs, vos Cahuzac, nous on a Philippe Varin", le président de PSA, accusé de "mentir" aux ouvriers "depuis un an et demi". Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a lui aussi été apostrophé. "Vous connaissez dans le Doubs la famille Peugeot, vous pouvez avoir un poids vis-à-vis d'eux", a demandé Jean-Pierre Mercier au ministre, élu de ce département.

La cinquantaine d'ouvriers, en grève depuis plusieurs semaines, sont entrés dans la salle alors que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault venait juste d'achever son discours, en clamant "le changement, c'est maintenant". Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a lui décidé de leur accorder la parole pendant une dizaine de minutes alors que J.M. Ayrault a préféré s'éclipser.  "Même si on désapprouve l'intrusion, il est tout à fait indispensable pour le PS de maintenir le dialogue avec les travailleurs car nous sommes le parti des droits des travailleurs", a assuré un membre de la direction.

Ayrault tente de rassurer un PS en proie au doute

Avant cette "irruption du réel", ce "choc du social", selon les termes d'Emmanuel Maurel (aile gauche du PS), Jean-Marc Ayrault a tenté de réaffirmer son autorité devant un Conseil national du Parti socialiste en proie au doute avec un plaidoyer en faveur de sa politique économique, contestée ces derniers jours par des ministres de son gouvernement. Après trois ministres, trente députés réunis au sein de la Gauche populaire, ont lancé vendredi un appel "contre l'austérité qui conduit aux populismes", réclamant une confrontation avec la chancelière allemande Angela Merkel sur le sens de la croissance, s'inquiétant des effets du "malthusianisme budgétaire" qui conduisent l'"Europe dans le mur".

"Je ne serai pas le Premier ministre de l'austérité", a ajouté Jean-Marc Ayrault, affirmant, comme le chef de l'Etat que le "sérieux budgétaire" n'était en rien comparable aux politiques d'austérité menées dans le sud de l'Europe. En réponse aux hebdomadaires mettant en avant la "faiblesse" ou l'impuissance de l'exécutif, le Premier ministre a répondu : "J'entends dire que le Président de la République ou le gouvernement feraient preuve de faiblesse." "Mais quel est ce pouvoir si faible qui s'affronte au pouvoir de l'argent en imposant (...) le même barème d'impôt pour les revenus du capital et ceux du travail ? Quel est ce pouvoir si faible qui tient tête aux puissants en limitant leurs rémunérations indécentes ?"

Le climat pesant au Parti socialiste depuis l'affaire Cahuzac ébranle également la direction du Parti socialiste, le Premier secrétaire Harlem Désir étant de plus en plus contesté. Sa proposition d'organiser un référendum sur la moralisation de la vie politique a été très mal perçue au sein de la gauche. Selon Le Parisien, paru samedi, François Hollande ne cache plus son irritation envers le dirigeant du parti.

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Date de publication: 
13/04/2013