Grève chez PSA à Aulnay-sous-Bois : production perturbée», selon la direction

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GWENAEL BOURDON | Publié le 16.01.2013, 08h09 | Mise à jour : 16h14

Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), mercredi matin. La grève se poursuit à l'usine PSA Peugeot-Citroën, promise à la fermeture en 2014.

La grève se poursuit ce mercredi à l'usine PSA Peugeot-Citroën d'Aulnay-sous-Bois, (Seine-Saint-Denis), promise à la fermeture en 2014. Cette mobilisation démarre à la veille d'un nouveau rendez-vous de négociations sur les mesures d'accompagnement du plan social, prévu jeudi à Paris entre la direction du groupe automobile et les syndicats.

Le débrayage a commencé mercredi dès l'arrivée de l'équipe du matin, à 6h46, à l'atelier ferrage, point de départ de la production. La chaîne de montage n'a donc pas pu démarrer.

Grève reconductible avec occupation

En fin de matinée, environ 200 salariés se sont réunis en assemblée générale au sein de l'atelier montage. Les grévistes ont voté pour la constitution d'un comité de grève, et la poursuite du mouvement avec occupation. Une nouvelle assemblée générale devait avoir lieu vers 16 heures, avec les ouvriers de l'équipe de l'après-midi. 
 
«La production n'a pas démarré et est paralysée», a affirmé la CGT dans un communiqué, précisant que cette «grève reconductible avec occupation de l'usine» visait à «protester contre les mesures inacceptables proposées par la direction qui accompagnent la fermeture de l'usine d'Aulnay». SUD s'est joint au mouvement, appelant à «une grève illimitée». Selon son délégué Mohamed Khenniche, «les salariés se rendent aujourd'hui compte que ça ne sert à rien de négocier avec la direction et savent que ça passera par la grève».

La CGT parle de production paralysée, la direction dément

Un peu plus tôt, la direction du site avait évoqué «certains points de la ligne à l'arrêt» et une «production perturbée». «Tout n'est pas à l'arrêt», a assuré une porte-parole, pointant des problèmes d'absentéisme. «Des salariés savaient qu'il allait y avoir ce mouvement de grève et avaient peur d'y être exposés, ils ont préféré ne pas venir», a-t-elle affirmé, estimant que «c'est assez représentatif du climat social». La CGT a accusé la direction de mentir et réclamé l'accès de la presse au site.

Selon la direction, «il y a eu du blocage» de la production, certains grévistes se plaçant au milieu de la ligne ce qui les met en danger et entraîne l'arrêt de la production. «Nous avons fait constater cela, il s'agit d'entrave au droit du travail», a estimé la porte-parole, évoquant «deux ou trois pétards qui ont éclaté», «des jets d'oeufs», «des extincteurs actionnés», par les grévistes, «sans parler des insultes»".

La CGT dénonce des menaces de licenciements
Dans un communiqué annonçant un mouvement de grève reconductible avec occupation, la CGT de PSA Aulnay dénonce les menaces de licenciements qui pèsent sur les salariés :
«Concernant les seniors : la direction refuse de mettre sur pied un dispositif de pré-retraite dès 55 ans et ne propose qu'un départ anticipé de 24 à 30 mois qui ne concerne qu'une faible minorité de salarié. PSA se prépare à faire des licenciements massifs de vieux travailleurs.
Concernant le reclassement sur le site : la direction ne propose au mieux que 540 emplois sous payés (1100 € par mois), sans garantie de pérennité, ni droit au retour à ID Logistic. Nous sommes loin des 1 500 emplois promis !
Concernant les autres départs externes : comme pour PSA Melun : le Pôle emploi après 12 mois de congé reclassement.
Concernant les mutations dans les autres usines du groupe : la direction propose moins que pour ceux de PSA Melun : une prime de mutation de 5 000 € brut et imposable (3900€ net) contre 5 000 € net pour Melun. Les autres primes liées à la mutation sont conditionnées à des critères extrêmement sévères. Seule une infime minorité de salariés pourront en bénéficier

LeParisien.fr

Source: 
Date de publication: 
16/01/2013