La CGT met la pression sur PSA

Version imprimableVersion PDF

Insatisfaite des réponses obtenues au comité d'entreprise, la CGT du site PSA d'Aulnay-sous-Bois (93) réclame toujours de sa direction un plan d'avenir pour l'usine. Les politiques sont aussi désormais au cœur de leur action.

 
Deux jours de réunion en comité d’entreprise, et pas de réponses selon Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT de l’usine Peugeot-Citroën d’Aulnay : « Ils (ndlr, la direction du groupe) nous ont dit que la remplaçante de la C3 n’était pas arrêtée, ils nous ont même dit qu’ils n’étaient pas sûrs de remplacer la C3, ce qui est un énorme mensonge » tonne le délégué au micro devant des salariés réunis cet après-midi sur le parking de l'usine.

A Aulnay-sous-Bois, dans cette usine qui fabrique exclusivement la polyvalente de Citroën, tout l’enjeu est de savoir de quoi demain sera fait. Voici un an en effet, la CGT avait livré à la presse un document interne à PSA qui expliquait que l’usine devrait fermer ses portes dans un avenir proche.

Douze mois plus tard, la CGT n’a toujours pas obtenu la moindre garantie sur la pérennité du site : « Le directeur de l’usine a reconnu qu’il restait 800 000 C3 à produire d’ici 2016. Vu que l’on en produit 140 000 par an, cela nous amène à 2016. Nous avons donc demandé le maintien de la C3 ici jusqu’à 2016 » indique encore Jean-Pierre Mercier, qui craint que la production du modèle soit transférée auparavant à Poissy (78) voire même à Vigo (Espagne).

Marie-Georges Buffet, ex-secrétaire générale du parti communisteet député PC de Seine-Saint-Denis, était venue apporter son soutien aux salariés de PSA : « Ici, ce sont 3 100 emplois directement à l’usine, et 10 000 induits dans le département. C’est le dernier grand site industriel de la Seine-Saint-Denis, si l’usine ferme, ce sera un véritable tsunami » explique-t-elle, avant de reprendre à son compte les revendications de la CGT.

Menace sur Aulnay, menace sur l’emploi en général chez PSA puisque le constructeur a déjà fait savoir qu’il souhaitait supprimer 5 000 emplois en France cette année, les syndicats n’ont pour l’instant pas obtenu grand-chose : « On a gagné du temps, et de la mobilisation, ce qui est important » convient Patrick, militant CGT ; « si on ne se mobilise pas, on aura rien du tout. Désormais, nous voulons une réunion tripartite avec la direction de PSA, les syndicats, et Arnaud Montebourg » reprend Jean-Pierre Mercier.

Avant de prévenir qu’en cas de réponse « alambiquée » de la part du gouvernement ou du ministre du redressement productif, « on refera une action, et l’on se fera connaître ».
Arnaud Murati
Date de publication: 
31/05/2012