À la répression de PSA s’oppose la solidarité générale

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Ce mardi après-midi, un grand rassemblement de soutien aux syndicalistes poursuivis se tient sur le parking de l’usine d’Aulnay.

Fermeture temporaire du site décidée unilatéralement par la direction – une pratique ressemblant furieusement à un lock-out –, tentative de faire entrer de nouveaux intérimaires pour remplacer les grévistes sur leurs postes, mobilisation de vigiles extérieurs, de cadres et d’agents de maîtrise, instrumentalisation des journalistes encouragés à fredonner la petite musique de la « casse », plaintes à la police contre certains des salariés identifiés comme des meneurs ou des organisateurs, convocations dans les services de la sûreté départementale, mise à pied conservatoire et procédures de licenciement… Depuis trois semaines, la direction de PSA multiplie les attaques afin de tuer dans l’œuf le mouvement de grève reconductible qui paralyse l’usine d’Aulnay-sous-Bois. Mais rien n’y fait : toutes les armes utilisées se retournent contre elle. À la solidarité patronale – le constructeur automobile peut compter sur le soutien de l’UIMM et du Medef où ses hommes font depuis toujours la pluie et le beau temps –, les grévistes opposent la solidarité ouvrière et citoyenne. Et ça marche!

Catastrophe sociale

Les dons commencent à affluer au fonds de soutien au mouvement dans l’usine d’Aulnay-sous-Bois. Des élus participent à cet élan. Et certaines villes vont beaucoup plus loin. À l’initiative de François Asensi, le maire Front de gauche de Tremblay-en-France où 62 familles seraient directement touchées par la fermeture de l’usine PSA, le conseil municipal a adopté à l’unanimité la décision de verser une aide de 20 000 euros aux grévistes d’Aulnay-sous-Bois. « La fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois, reconnu par les experts pour la qualité de sa production, constituerait une véritable catastrophe sociale et économique dans un département touché durement par le chômage, la crise financière, les discriminations territoriales », justifie le maire, dans un communiqué.

Soutien politique et syndical

Ce mardi, à 13 h 30, sur le parking de l’usine PSA, se tient un rassemblement de soutien aux militants menacés de licenciement pour faits de grève. Parmi les personnalités politiques attendues, on trouve Pierre Laurent et Marie-George Buffet (PCF), Martine Billard (PG), Nathalie Arthaud (LO), Olivier Besancenot (NPA), un député socialiste et une sénatrice Europe Écologie. Et du côté syndical, Annick Coupé (Solidaires), Philippe Martinez (fédération CGT de la métallurgie), Xavier Mathieu, ex-porte-parole des Conti en lutte, et Mickael Wamen, délégué CGT de Goodyear à Amiens, sont attendus. Réunis en assemblée départementale, les communistes de Seine-Saint-Denis ont adopté une motion condamnant la « voie de la criminalisation du fait de grève et de l’action syndicale » que PSA emprunte aujourd’hui : « Cette volonté tend aujourd’hui à se généraliser pour étouffer le mouvement social. Afin de stopper cette opération patronale, il y a urgence à ce que soient adoptées la loi d’amnistie des militants syndicalistes et la loi interdisant les licenciements boursiers. »

Source: 
Date de publication: 
05/02/2013