Les ouvriers de PSA Aulnay s’invitent au meeting du PS

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Alors que les 3300 emplois de PSA Aulnay sont toujours menacés, les salariés s’impatientent. A l’occasion d’un meeting national du PS hier, ils ont à nouveau exigé du nouveau gouvernement une réunion tripartite avec la direction du groupe.

Seule une partie des personnes massées devant les portes du Zénith (Paris) hier, où était sur le point de se tenir le meeting du PS, scandait haut et fort : « Le changement, c’est maintenant ! ». Et le mot d’ordre n’émanait pas des militants socialistes. Au slogan de campagne du vainqueur à la présidentielle était en effet adjoint un autre mot d’ordre : « aucune usine ne doit fermer ! ». Derrière les banderoles, une centaine de salariés de PSA Aulnay en bleus de travail étaient venus se rappeler au bon souvenir de la majorité présidentielle. « Le slogan, c’est pour lui claquer, à François Hollande ! », explique Farid, délégué CGT dans l’usine dont l’avenir semble toujours aussi compromis. Sous une pluie battante, les ouvriers de trois syndicats qui avaient débrayé dans l’après-midi – CGT, CFDT, Sud – distribuent des tracts aux militants et sympathisants PS venus assister au meeting. L’accueil varie du soutien à l’indifférence. « Je suis d’accord avec eux, il faut durcir les lois contre les licenciements boursiers », affirme par exemple Nathan, 16 ans, militant MJS, dans la file d’attente. « Notre manifestation n’est pas hostile aux militants socialistes », précise le délégué CGT central Jean-Pierre Mercier, qui insiste qu’il s’agit surtout « d’adresser un message à un gouvernement qui traîne des pieds », en marge d’un événement auquel était notamment présent le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Pendant l’entre-deux tours, avant son débat télévisé avec Nicolas Sarkozy, François Hollande nous avait promis de nous recevoir immédiatement s’il était élu, il ne l’a toujours pas fait », dénonce Farid, qui se dit « déjà déçu » d’avoir voté aux deux tours pour le candidat PS.

Pas question d'attendre le plan social

Alors que la direction du groupe automobile ne semble toujours pas disposée à accorder la production d’un nouveau véhicule au site de Seine-Saint-Denis – en remplacement de la Citroën C3 dont l’assemblage n’est prévu que jusqu’en 2014 à Aulnay – le nouveau gouvernement n’est pas encore intervenu sur ce dossier industriel brûlant. Et les salariés en lutte s’impatientent. « On a appris dans l’après-midi que Montebourg recevrait les syndicats lundi », indique Jean-Pierre Mercier, précisant que cette marque d’attention reste toutefois décevante, alors que les organisations syndicales réclament depuis des mois une réunion tripartite, en présence de la direction du groupe. « Même Sarkozy a organisé une réunion avec PSA », remarque Farid. Alors que le nouveau gouvernement, et singulièrement le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, se réclament sans cesse d’un volontarisme protecteur, la menace de fermeture d’Aulnay pourrait bien devenir la première épreuve sociale de la majorité socialiste, dans un contexte où les salariés n’ont pas l’intention d’attendre sagement le plan social : cela fait déjà un an que la CGT a révélé la note interne de la direction prévoyant la fermeture du site d’Aulnay.

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Date de publication: 
14/06/2012