Ce n'est pas aux salariés de payer la note.

Version imprimableVersion PDF
Tract de la CGT PSA Aulnay
15/09/2011

 

Ce n'est pas aux salariés

de payer la note

A peine nous revenons des congés et déjà tous les coups sont repartis. Patronat et gouvernement voudraient nous faire payer leur crise économique.  Le gouvernement prend mesures sur mesures pour nous faire les poches, des patrons prévoient les baisses de salaires, PSA nous remet au chômage et organise les fermetures d'usines chez les fournisseurs,  comme bientôt pour nous à Aulnay.

 

La dette de l’Etat un prétexte
pour des mesures d’austérité pour les travailleurs.

Taxes supplémentaires sur les alcools, le tabac mais aussi les boissons sucrés ; 7% de taxe sur les mutuelles, augmentation de la CSG, etc, etc.

Le gouvernement veut ainsi récupérer 11 milliards sur notre dos et faire 1 milliard d'économie dans les dépenses de l'Etat qui ne concerneront que les services Publics et les plus nécessaires à la population. Il n'est pas question pour eux de renoncer à financer à fonds perdus le patronat et les banquiers qui continuent à spéculer sur les marchés financiers.

Depuis la crise de 2008, le gouvernement a multiplié par trois les déficits annuels de l’Etat (148 milliards pour 2010)  pour qui ? Pour quoi ?   Ce n'est certainement pas pour les écoles, les hôpitaux, la Santé, les services publics puisque leurs budgets ont été diminués et accompagnés de suppressions de postes. (11000 dans l'éducation nationale).

Alors qui a reçu des sommes colossales pour soi-disant les sauver ?  Tout le monde connait la vraie raison du creusement de la dette : l’aide aux banquiers et aux industriels qui empochent et continuent à spéculer sur les marchés financiers et à licencier.  Exemple : le groupe AGRATI (le fournisseur de vis pour PSA) a reçu 17 millions pour se « moderniser » donc licencier et même finir par déboulonner tout PSA !

Et cette semaine, ils ont le culot, d’essayer de nous refaire le coup des banques qu’il faut sauver alors qu’elles ont toutes fait d’énormes profits de plusieurs milliards en 2010.

Les travailleurs ne sont en rien responsables de cette dette, pas plus en France que dans les autres pays. C'est une dette faite par les représentants des capitalistes pour les capitalistes, c'est donc à eux de la payer, certainement pas aux salariés.

Mardi 11 octobre une journée de mobilisation syndicale nationale est prévue  contre ce plan d’austérité.

Des patrons de la Filière Auto veulent baisser les salaires de 25 % !

Il s'agit de la société Montupet qui a repris la Fonderie du Poitou fabricant de culasses en alu pour Renault et PSA. Ces patrons ont annoncé un plan dit de « compétitivité » dont le but est de baisser les salaires de 25 % ( !) : 15 % en moins sur le salaire de base avec la suppression de la grille des salaires, plus le passage de 38,5 heures à 35 payé 35 heures. Un salaire de 1500 € passerait à 1125 €.  Alors que Montupet affiche des profits confortables !

Les travailleurs ont décidé de réagir. Depuis le 2 septembre ils sont en grève totale. La Cgt affirme son soutien à cette lutte. Si un tel recul était possible chez un fournisseur qu'est ce qui empêcherait les autres patrons d'essayer d'en faire autant ?

Cinq jours de chômage : PSA responsable

Après trois jours de travail, la direction nous a remis au chômage en nous demandant de téléphoner jour après jour à numéro soit disant vert (payant des portables) pour savoir si on vient travailler !

La direction joue les victimes : ce serait à cause d’un problème de logistique chez Agrati fournisseur de vis. Qui dure depuis trois semaines !

Cela parait incroyable qu’un seul fournisseur puisse quasiment bloquer tout PSA jusqu’en Chine ! En réalité c’est n’est pas le hasard, c’est la conséquence de toute une politique de productivité.

Le problème de « logistique » c’est que PSA a exigé à travers le FMEA (Fond de Modernisation des Equipementiers de l’Automobile) que son fournisseur de vis AGRATI centralise toute sa logistique dans une seule usine à Vieux Condé dans le Nord.  Le principal bénéficiaire sera PSA qui n’aura plus qu’un seul endroit ou se fournir.

Première conséquence : 32 suppressions de postes aux Visseries de Fourmies et la fermeture d’une usine de 80 salariés à Amiens (ancienne usine BTR). Et l’Etat a généreusement versé 17 millions d’€ pour cela !

 C’est donc toujours la même logique : supprimer des emplois, donc de supprimer le travail des uns pour le mettre sur le dos des autres. Et c’est ce qu’ils veulent faire en fermant Aulnay.

PSA est donc doublement responsable (et non une victime) : premièrement à cause de sa politique du Lean d’un fournisseur unique en flux tendu (Agrati fournit  PSA à 80 %  sur 250 références). Et deuxièmement,  parce que c’est PSA le donneur d’ordre qui impose une baisse des coûts chez les fournisseurs.  C’est donc à lui de payer pour tous les salariés en CDI et intérimaires !

Ce qui est d’autant plus révoltant c’est que les grands patrons et l’Etat nous imposent leurs restructurations, leur austérité, alors que l’argent coule à flot de leur coté.

 

Résultats financiers de PSA du premier semestre :

Le chiffre d’affaire PSA a augmenté de 9,7 % !  Soit + 2,74 milliards.  Et PSA dispose de 11 milliards de liquidité, argent disponible dans le groupe.

PSA a de l’argent, exemple : au mois d’août, PSA a racheté 10 millions de ses propres actions (4,3 % de son capital). Ce qui coûté la bagatelle de 199,2 millions d’€ !

Pour quelle utilité ?  Pour les travailleurs c’est encore de l’argent jeté par les fenêtres. Alors que cela aurait pu servir à maintenir l’emploi et augmenter les salaires.

Dans le document sur la fermeture d'Aulnay,  la direction  écrit qu'ainsi PSA ferait 68 millions d'économie. Et on voit avec quelle facilité PSA peut dépenser 199 millions rien que pour racheter des bouts de papiers. Cela rend leur projet encore plus écœurant.

 

Conclusion de tout de cela :

Il faut se battre pour nos emplois et pour notre pouvoir d’achat. Pour l’imposer cela demandera une lutte collective massive et déterminée, c’est la seule chose qui peut nous assurer un avenir.

La Cgt va de nouveau aller à votre rencontre pour discuter avec vous le plus largement possible, notamment dans des réunions sur les temps de pause.