La direction a reculé sur les sanctions : imposons nos revendications

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Tract de la CGT PSA Aulnay
30/11/2012

Trois jours de grève contre les sanctions

Cette épreuve de force contre la direction a été nécessaire. Même si, encore une fois, plusieurs centaines de salariés on dû se mettre en grève pour se faire respecter. La direction a dû reculer en annulant cinq procédures de sanction et en s’engageant à ne pas prendre de nouvelles sanctions pour les faits de grève de cette semaine.

Mardi, dans la soirée, des ouvriers du Ferrage équipe A, se sont mis en grève contre les pressions exercées par le peu de cadres qui restent aux ordres de la direction et contre des menaces de sanctions. Un ouvrier et deux ouvrières étaient convoqués pour manque de production ! Ils n’avaient jamais été sanctionnés de leur vie ! Le lendemain, l’équipe B du Ferrage a suivi pour les mêmes raisons, des ouvriers étaient eux aussi menacés.

Parler de manque de production est proprement scandaleux puisque c’est la direction qui plante la production tous les jours avec des arrêts de chaîne et surtout c’est elle qui veut fermer l’usine ! Sans oublier que la direction prétend que la production n’est plus la priorité mais qu’elle doit s’occuper des salariés avant tout. Encore une fois, on voit ce que vaut la parole des directeurs !

C’était une provocation qui avait pour but de tester notre capacité à nous défendre. Ce qui est en jeu, ce n’est pas simplement les menaces de sanctions mais la volonté de la direction de nous licencier au moindre coût pour elle.

Par cette grève, les travailleurs ont affirmé qu’il n’était pas question de travailler sous la menace, et ils ont montré leur détermination à défendre leur emploi coûte que coûte.

Rencontre avec le ministère du travail du 27 novembre

Ce rendez-vous avait été obtenu grâce à l’action de 200 salariés le jeudi 22 novembre.
80 ouvriers de l’équipe B avaient débrayé, pendant que 120 autres salariés envahissaient le congrès des maires au salon de la porte de Versailles pour prendre à témoin la ministre Lebranchu sur la tribune du congrès.

Ils ont dénoncé la politique des grandes entreprises qui en licenciant les ouvriers par milliers et en fermant les usines, étranglent les municipalités. Ils obtenaient un rendez-vous, en direct sur la tribune du congrès, avec le ministre du travail pour dénoncer la complicité du gouvernement avec ces grands patrons.

Le 27 novembre, le cabinet du ministre du travail recevait la délégation de 7 salariés élus dans les assemblées générales, plus un représentant pour la CGT, FO, SIA, CFTC et CGC. Nous avons rappelé les promesses du gouvernement non tenues à ce jour.  Il n’y a toujours pas de négociation entre l’Etat, PSA et les syndicats pour accord tripartite garantissant l’emploi de tous.

Le ministère nous a dit que pour lui, PSA s’était engagé à sauvegarder l’emploi et qu’il fallait laisser les négociations en cours se dérouler !  Nous avons prévenu que ces négociations  menaient droit dans le mur et qu’il n’en sortirait rien de bon au rythme où c’est parti. Nous lui avons dit que nous n’en resterons pas là ! Ni vis à vis de PSA, ni vis à vis du gouvernement.

Compte rendu des négociations du 23 et 29 novembre

Les mesures de la direction sont parfaitement scandaleuses :

Pour les anciens :
Un départ anticipé de 24 mois plus 6 mois pour ceux qui ont fait 17 ans d’équipe.  300 salariés seraient concernés à Aulnay et 200 à Rennes. Autant dire que cela ne règle presque rien ! Il y a actuellement 640 salariés de plus de 55ans et bien plus dans les deux ans à venir.
Les anciens ont le droit à la préretraite et les jeunes ont droit à un travail.

Pour les travailleurs handicapés :
Pour les 105 salariés en arrêt longue maladie (SHA), la direction prévoit leur rattachement administratif  à un autre site.

Pour les 240 Travailleurs Handicapés Reconnus (THR), (ce chiffre ne prend pas en compte les salariés qui ont des restrictions médicales), la direction voudrait créer une entreprise spéciale pour y mettre 80 salariés handicapés et au bout de deux ans se débarrasser de cette entreprise en la revendant à un repreneur ! Lequel ?
Pour faire quelle activité ? La direction est incapable de nous le dire ! C’est en fait une antichambre  pour le chômage et le RSA à terme pour ces travailleurs.

Pour la CGT, c’est non ! Il ne sera jamais question de cautionner une telle opération qui consiste à vouloir se débarrasser des travailleurs handicapés en douce.

Sur la réindustrialisation :

Rien de nouveau sur les fameuses entreprises qui devraient s’installer sur le site entre 2013 et 2015 et surtout aucun détail. Seule une vague promesse de 950 emplois. Nous ne savons pas quel type d’emplois, ni payés à combien ? etc… Il faudrait leur faire confiance et les croire sur parole !

Les seules choses qu’ils nous ont dit, c’est qu’il y aurait une sélection ( !), repasser un entretien d’embauche, et qu’entre la fin de la production de la C3 et une hypothétique embauche ont serait mis en congé de ré-industrialisation au maximum de 18 mois,
payé à 65 % du salaire ! Tout le monde a compris que pour la majorité d’entre nous cela conduit tout droit au chômage.

Le pire, c’est que ces entreprises recevraient, elles, de l’argent : 10 à 15 000 € par salarié embauché, plus les aides de l’Etat, du département et de la région !!!

Sur tous les points nous voyons que nous sommes TOUS attaqués par la direction : qu’on soit jeune, handicapé, âgé, professionnel ou ETAM. C’est pourquoi la réponse ne peut venir que d’une lutte collective. Il n’y aura aucun échappatoire individuel. La mobilisation de TOUS est de plus de plus nécessaire.

Pour la garantie de nos revendications (une préretraite ou un CDI pour  tous), la seule solution est d’exiger le maintien de la production de la C3 jusqu’en 2016.

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Les prochaines réunions de négociation à Poissy sont le 12 décembre à  13 heures, le 20 décembre et la dernière le 9 janvier. C’est à ce moment que la direction  présentera un accord à signer aux syndicats.

Autre date importante : Le CCE extraordinaire, le 11 décembre. C’est celui où la direction va vouloir continuer sa procédure de licenciement (PSE). Elle va de nouveau demander aux délégués du CCE de se prononcer sur le volet économique du plan. Il y aura ensuite un  dernier CCE en janvier ou les délégués se prononceront sur les mesures du plan.

Discutons de nos prochaines mobilisations