Lettre ouverte à tous les syndicats du groupe PSA

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Tract du comité de grève soutenu par CGT. CFDT. SUD
15/03/2013

Nous qui travaillons sur le site d’Aulnay depuis des années, ou des dizaines d’années, et qui sommes directement menacés de licenciement, nous nous adressons à vous, syndicats de l’ensemble des sites du groupe PSA, pour vous demander de ne pas aider la direction à nous jeter à la rue.

C’est par notre travail, notre énergie, le temps passé dans cette usine en fabriquant des centaines de milliers de véhicules, que l’entreprise a pu prospérer. Et aujourd’hui la direction, en voulant fermer cette usine pourtant moderne, va détruire nos vies ainsi que celle de nos familles.

Car la conséquence directe du plan de restructuration de la direction est la disparition complète du site de production d’Aulnay avec la suppression de 2 700 emplois, sans compter 400 salariés intérimaires et les salariés des sociétés sous-traitantes directes ou indirectes. 

La direction convoque le 18 mars un CCE extraordinaire pour demander aux organisations syndicales de se prononcer sur le projet d’accord d’entreprise concernant le dispositif d’accompagnement du projet de réorganisation industrielle et de réduction des effectifs des sites de Rennes et d’Aulnay-sous-Bois.

Or, les organisations syndicales ne se limitent pas seulement aux délégués centraux ou aux élus du Comité Centrale d’Entreprise. C’est aussi des centaines d’ouvriers de fabrication, de professionnels, de techniciens, ingénieurs, qui vont eux aussi être touchés par le plan Varin et ses conséquences. C’est pourquoi nous vous demandons d’intervenir pour nous aider à refuser ce projet d’accord.

Car, malgré les quelques améliorations qui ont pu être obtenues, cet accord est très loin de garantir le maintien de nos emplois, ou même de nous verser une indemnité à la hauteur du préjudice subi, ce qui serait le minimum. Au contraire, cet accord entérine le fait que la plupart d’entre nous vont se retrouver dans un premier temps dans des congés dits de reclassement avec une perte de 25 % de nos salaires, puis au chômage.

La direction prétend partout qu’aucun d’entre nous ne se retrouvera à Pôle Emploi. Alors pourquoi ne veut-elle pas s’engager par écrit dans un accord contresigné par le gouvernement ? Pourquoi, même, cette direction refuse-t-elle la procédure légale de médiation que nous demandons ?

Le 11 décembre 2012, au CCE, toutes les organisations syndicales ont marqué leur désapprobation du plan de restructuration de la direction, soit en se prononçant contre, soit en ne participant pas au vote. Il serait totalement illogique que, le 18 mars, elles approuvent les conséquences d’un plan qu’elles ont refusé.

La forte contestation qui s’exprime ouvertement sur l’usine d’Aulnay, notamment par une grève qui est dans sa neuvième semaine, montre le désaccord profond des salariés du site avec l’insuffisance des mesures imposées. Il faut qu’une véritable négociation s’ouvre sur la base des revendications des salariés d’Aulnay qui ont recueilli 1 600 signatures.

Nous, salariés d'Aulnay, nous comptons nous rendre le plus nombreux possible au CCE le 18 mars. Toutes les délégations de salariés des usines PSA proches, notamment celles de la région parisienne, et d'organisations syndicales, seront les bienvenues pour affirmer avec nous que les attaques de la direction concernent l'ensemble des salariés de PSA.

Nous vous demandons de donner un avis défavorable à cet accord et de soutenir la lutte de tous ceux qui vont être directement ou indirectement touchés par ce plan de restructuration.

Salariés en grève, ou non, du site PSA d’Aulnay-sous-Bois

Soutenu par les syndicats CGT, CFDT, SUD

Et des élus SIA et CFTC